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Un sage-F.Pourcel

09-08-2006

Les larmes des sorcières...


Et la nuit magique viendra,
Renversée aux lacs immobiles, sombres, impassibles,
Lune blanche ronde et pleine en conques de nuées,
L’appel des ombres et du sabbat,
Rondes de sorcières au feu sacré inextinguible,
Psalmodiant d’étranges chants sous la voûte bleutée,
La forêt frémissante d’ébats,
Refermée sur de lourds secrets bien plus indicibles,
Que toutes les légendes, que tous les mythes murmurés,
Le cri des chouettes aux obscurs desseins, retentira,
Sonnant la fin des danses mystérieuses, intangibles,
Evanouies et fluentes sous le vent complice soulevé,
Les sorcières de leur savoir immuable,
Pleureront les mondes engendrés par l'homme irascible,
Et leurs larmes nacrées s’emperleront en rosée …


Marie Lanson
Apostilles(5)

09-08-2006

Nomades...



Ils marchent, ils avancent sur des routes de hasard et d’incertitude, ils sont cent, ils sont deux cent, et chaque lieue les tire vers leur destin.
Les dunes s’arrondissent, sculptées par le couteau des vents rugissants, blondes sous le soleil mourant.
Sous les étoffes bleu-outremer, les corps tannés deviennent mystère et voyage, rêve et folie, les regards s’amenuisent sur des horizons improbables, sur des contrées à atteindre.
Ils se balancent au rythme des bêtes impavides, ils déroulent l’infini de leur patience sur les sables brûlants, le temps leur appartient, ils traversent des paysages cruels et assoiffés et des langues de terre humides et grouillantes de vie cachée.
La lenteur de leur périple n’a d’égal que sa longueur. Un jour pour un nouvel espoir d’arrivée au bout du monde, d’arriver au bout d’eux-mêmes.
Les nuits glacées s’allument d’autres étoiles et d’autres repères, ils lisent à ciel ouvert, le front tendu vers le fusain de la toile céleste, sans un mot, le chef montre le chemin du doigt et ils le suivent.
Ils marchent, ils avancent sur des traces archaïques et insolites, à la recherche d’on ne sait quoi, d’on ne sait qui.
Ils sont cent, peut-être deux cent, personne ne sait qui ils sont vraiment…

Marie Lanson
Apostilles(0)

09-08-2006

Volcans...


Volcans,
Dormir en dedans de la terre, ronfler de chaleur noire et de braises,
Couler en rivières de fulgurance, compter en lingots de fournaise,
Volcans,
Pétiller de bulles épaisses et sulfureuses, éclater de colère au matin,
Bruire sous la peau de la planète, ensommeillés et faussement mutins,
Volcans,
Vomir les scories et la lave aux pentes verdoyantes et au ciel bleu,
Brûler, pétrifier les vieilles cités, sculpter et forger de nouveaux lieux,
Volcans,
Vivre avant l’arrivée des hommes, survivre bien après leur inhumanité,
Rester maîtres des terres émergées tels les dieux immortels mais oubliés,
Volcans,
Gardiens des mondes…

Marie Lanson
Apostilles(1)

09-08-2006

L'enfant et le fauve ...

Et cet enfant de paix, cet enfant de prière,
Tourné vers sa propre sérénité, élancé au ciel de toute sa beauté,
Enfant de partout, enfant de lumière,
A ses lèvres courbes, déposer en douceur un baiser sans troubler,
Le recueillement de son intériorité, en effleurant juste sa peau,
Ocrée à l’astre brûlant des pays lointains et tribaux,
Dans l’immense complicité qui le lie au fauve qui veille,
Sur sa fragilité, sur sa finesse, sur sa candeur vermeille,
La force animale en offrande calme à l’enfant si troublant,
Hiératique et splendide sur des lignes pures de soleil couchant,
Et cet enfant de paix, cette enfant de prière,
Je voudrais te le dessiner avec des mots sans frontière,
Je voudrais parcourir ses rêves pour tracer son destin,
Et te donner comme un cadeau l’épure de ses demains…
Marie Lanson
Apostilles(0)

09-08-2006

Chez nous ...


Parce que chez nous les fleurs flamberont en toutes saisons, parce ce que les rayons du soleil incendieront le moindre moment et que les arbres seront plus luxuriants, plus denses qu’ailleurs…
Parce que chez nous, il y aura des oiseaux et des chats qui s’aimeront, qu’il y aura des parfums ambrés ou boisés nés aux confins de la terre, des couleurs exquises et lisses comme une caresse…
Parce que chez nous, chaque mot sera comme un cadeau déposé au pied d’un arc-en-ciel, que chaque rire jaillira comme une fontaine de cristal et embellira nos murs…
Parce que chez nous, les fées et les lutins, les diables et les dieux seront au rendez-vous pour festoyer, que les mets auront la saveur du bonheur infini, que la musique se glissera entre chacun de nos gestes d’amour…
Parce que chez nous, les âmes en partance trouveront toujours du lait et du miel pour leur long voyage dans l’immensité du cosmos…
Parce que chez nous, les méchants et les félons n’entreront pas, les menteurs et les voleurs seront pétrifiés aux abords de nos domaines enchantés et que les mauvaises actions retomberont en pluie de feu sur leurs instigateurs…
Parce que chez nous, il ne pourra y avoir que la félicité éternelle et le plaisir qui chantera sous nos doigts…
Parce que chez nous, tu seras là, je serai là, parce que chez nous ce sera… chez nous…
Marie Lanson
Apostilles(0)

09-08-2006

Bleu...


Bleu mon amour, bleu comme les flots,
Bleu comme l’azur, bleu indigo,
Les mots s’ensorcellent pour te rejoindre,
Les étoiles se cachent pour s’éteindre,
Bleu comme la nuit, bleu comme toi,
Bleu comme les rêves, bleu de roi.

Bleu mon amour, bleu comme mes yeux,
Bleu comme la glycine, bleu je te veux,
Les nuages se sauvent pour laisser le ciel,
Nu et lisse, profond comme ton sommeil,
Bleu comme un oiseau, bleu turquoise,
Bleu comme le grand sud, bleu d’ardoise.

Bleu mon amour, bleu comme ta couleur,
Bleu comme une rivière, bleu de douleur,
Les phrases s’échappent pour t’atteindre,
Douces et sinueuses au cœur de tes jardins,
Bleu comme la terre, bleu de Provence,
Bleu comme un soupir, bleu pervenche…

Bleu…
Bleu comme toi…

Marie Lanson
Apostilles(1)

09-08-2006

Les anges...




Aux envolées des anges, sur les traverses du temps, un chant s’élève sous les voûtes splendides des cathédrales, azurées des bleus cobalt et rosées des rouges sanguin des vitraux.
Un chant comme une éternité, un chant d’amour.

Aux ailes des archanges et des cours célestes, ma pensée se tend vers des au-delà dorés de toutes les félicités, ce soir au cœur des ténèbres, j’écris pour toi et je viendrai dans la nuit te murmurer ces mots nés de l’amour qui me transporte.

Aux danses des chérubins, la musique dépose sur leurs boucles de miel des auréoles de fleurs tressées de parfum suave et m’emporte jusqu’au seuil de ta couche amoureuse.

Aux légèretés des séraphins, dans les couloirs des âges, un chant divin s’élève et enjambe les siècles jusqu’à notre histoire ancienne et nouvelle.
Un chant immémorial et sublime, un chant d’amour…

Marie Lanson
Apostilles(2)

09-08-2006

Femme...

Elle avance, si belle, fine et dansante sur des faisceaux de lumière indigo,
Ombrée de tous les désirs fous, chairs tatouées, le passé lui colle à la peau,
Des pas perdus dans le labyrinthe des décors de ceux frémissant pour elle,
Elle danse sur les cordes tendues au-dessus des rivières, fragiles passerelles,
Son âme entière tournée vers les terres qu’elle abandonne sans un remord,
A ses pieds nus, s’enroulent les vipères de la tentation, les nœuds de la mort,
Elle tend les bras, balancier de l’espoir qui la maintient au ciel d’outremer,
Les flots en colère se cognent aux rives, tout au fond d’elle ils s’exaspèrent,
Mais elle marche, les yeux fichés aux étoiles, elle va sans carte ni boussole,
Route tracée par un destin inéluctable, par le besoin d’effacer les hommes,
Les harpes du vent chantent dans sa tête et l’envie de vivre dans son cœur,
Elle avance si droite, silhouette dressée par delà les gouffres de rancœur,
Femme aux yeux d’ardoise, aux lèvres roses, aux mains étrangement lisses,
Demain elle aura disparu, son corps comme une fleur de nuit ou un calice,
Flambera dans le soleil levant, cendres de lys évanouies au regard profane,
Elle respire dans la fraîcheur des nuits et survit dans les rêves en filigrane,
Femme éternelle, Femme originelle…
Marie Lanson
Apostilles(0)

09-08-2006

Quand...



Quand l’été flambe de l’absence et du manque, quand l’été brûle les caresses et les baisers pour ne laisser que les braises incandescentes du souvenir, je me sauve en rêverie, l’image de ton sourire en bandoulière et l’écho de tes rires scarifié dans la mémoire.
Quand l’été se fait ombre et lumière, quand l’été découpe à l’emporte-cœur, le dernier souffle de ton parfum dans mes draps, que ta peau se patine et se satine loin de moi, je m’échappe en avenir, les bras tendus vers les nouvelles heures à venir.
Quand l’été fond les couleurs et tremble l’eau des rivières et des fleuves, quand l’été viole de clarté les yeux perdus à l’horizon, quand je ne peux que m’étendre sur l’herbe sèche et courir sur le temps pour te rejoindre, je m’évade en devenir et j’entends le chant des forêts qui te gardent et te protègent.
Quand l’été ne vit que de ciel pervenche et de rayons torrides, quand l’été se prélasse pendant les heures ou je pleure, je me cache en moi pour te faire vivre de nouveau à mes côtés et pour t’aimer dans le secret de la chambre bleue…
Marie Lanson
Apostilles(2)
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