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Un sage-F.Pourcel

29-07-2007

En ce temps là...

En ce temps là…

 

Et je vivais tes siècles, couchée au plus près de ton corps,

Tremblante comme une feuille à l’arborescence de tes saisons,

Il n’y avait que ton regard qui troublait les pulsations d’alors,

Tes tendresses se mêlaient au zeste du fruit de déraison.

 

Et je buvais l’eau de ta peau comme on boit à la fontaine sucrée,

Il me suffisait de tendre les mains pour cueillir la pomme,

Mes dents dans la pulpe sinueuse de saveurs, mordaient l’ambré,

Tes frissons courraient à l’abandon des dérives de mes sommes.

 

Et j’attendais les obscurités diaphanes pour te voler un baiser,

Tu faisais semblant de ne pas voir mes lèvres quémandeuses,

Il ne restait qu’à me sauver au-dedans de toi, la bouche braisée,

Pour me délecter et sourire de ce secret accepté comme un aveu.

 

Et je dormais des années entre deux crépuscules sans frémir,

Bercée aux battements de ton cœur et au chant de tes artères de feu,

J’étais bien en ce temps là, au nid creusé au centre de ton nadir,

Les millénaires lentement passaient juste au-dessus de nous deux…

 

Et tout était  lumineux…

 

 

 

Marie Lanson
Apostilles(5)

27-07-2007

Le bleu...

Allonge-toi dans le bleu mon amour,

Tangue sur les fils tressés par les hommes du Mekong,

La chaleur se fera miel et puis caramel,

Pour paner ta peau  à contre-jour.

 

Allonge-toi dans le bleu mon amour,

Berce nos rêves anciens dans le vent de Chanthaburi,

Les fleurs deviendront lotus tout autour,

Et l’atlas de nos désirs dessinera notre vie.

 

Allonge-toi dans le bleu mon amour,

Respire le souffle de la mer jusqu’au golfe du Siam,

L’indigo du ciel se teintera de velours,

Je poserai sur ton cou un baiser de jusquiame.

 

Allonge-toi dans le bleu mon amour,

Emporte le sommeil au bout de tes lèvres pâles,

Je te suivrai dans l’éternité des toujours,

Le poison sera sang dans tes veines virginales…

 

Marie Lanson
Apostilles(4)

16-07-2007

Les heures...

Libre course de mon cœur sur les pâles lucioles des heures crépusculaires,

Quand l’émail des cieux se couvre d’encre de chine et de filaments blêmes,

Les éclairs de chaleurs mortes mouillent ma peau claire de senteurs fleuries,

Et les dômes de mes pôles tendus s’auréolent de couleurs au bronze liquide.

 

Sonate de mes sens sur le velours d’obscurité pour respirer les effluves bleus,

Quand les draps se froissent de rêves insensés sous mon corps amoureux,

Les touffeurs de l’été violent mon sommeil de princes déguisés en sorciers,

Qui avancent sous le vent, le visage à demi-caché sous leurs masques déchirés.

 

Nocturne sabbat qui met le feu aux lambeaux de mes tragédies errantes,

Quand les routes s’allument aux carrefours lunaires et balisent les instances,

J’éveille mon ventre aux mains voleuses et intangibles, aux doigts de sable,

Qui tombent en pluie sur le fantasme de la réalité, sur les courants instables.

 

Libre course de mon cœur,

Sonate de mes sens à contre cœur,

Nocturne sabbat de mes accroches cœur…

 

 

Marie Lanson
Apostilles(6)

09-07-2007

Chant nocturne...

C'est un chant primordial, né de la matrice même de mes chairs,

C'est un saut dans le temps aboli, qui fait revivre toutes les prières,

Mon amour,

Le calice de mon ventre se remplit encore aux sources de tes terres,

Déguste ma peau brute du bout de tes yeux, du bout de tes lèvres,

Mon toujours,

C'est la complainte de la fidélité au plus proche de notre éphémère,

Quand tu touches du doigt les eaux de mes souterraines rivières,

Mon parcours,

C'est le feu de mes reins qui s'achève dans cet inachevé volontaire,

Pour ne plus jamais perdre le chemin des amandiers et leurs mystères,

Mon retour,

C'est le jet de mes bras vers les rouges folies de nos ans légendaires,

C'est une mort vive sur la vague ultime qui nous trouvera solidaires,

 

Toi et moi,

Mon amour…

Mon toujours…

 

Marie Lanson
Apostilles(8)

06-07-2007

Mélodie intemporelle...



Ecouter et prendre la mélopée à bras de poussière,

Ne plus faire qu’une avec cet air qui me broie les artères,

Brasser sa respiration pour en soutirer le dernier arôme,

Etre une note à sa portée, un éclat de rien, un éclat d’atome,

Laisser sourdre ses vrilles jusqu’au fond de mes entrailles,

Et couler à pic dans ses dièses, tuée, l’âme en pagaille.

 

Plomber mon cœur de lignes interrompues par un silence,

Pleurer entre les sanglots du saxo et perdre mes sens,

Vibrer sous la pluie des roulements alternés qui s’aiment,

En battant le rythme au cœur des croches qui s’essaiment,

Sur les nerfs de ma chair dépecée par le chant hallucinant,

Des sirènes de l’émotion, de ta voix profonde, de ton chant…

 

 

Marie Lanson
Apostilles(5)

01-07-2007

Te dire...



Il y a des mots qui franchissent les lèvres

Et puis des mots qu’on voudrait taire,

Il y a tous ceux qui ne veulent pas dire ce que l’on voudrait se dire,

Les mots qui nous trahissent, des mots tellement ordinaires,

Des syllabes nées juste dans un tressaillement, un soupir,

Et puis, il y a les gestes, ceux que l’on ne peut retenir de tendresse,

Ceux qui se manifestent souvent au détour d’une détresse,

Et si seul cela comptait vraiment ?

S’ils étaient en forme de cadeau offert comme une caresse,

Un parfum de freesia qui frémit les pensées,

Une couleur de rose qui comble le cœur,

Tout serait alors dit, sans non-dit, sans erreur…

Marie Lanson
Apostilles(8)
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