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Un sage-F.Pourcel

30-04-2007

Fantasmes...



A te désirer dans les volutes bleues de mon tabac blond,

Les larmes s’enfument et ruissellent en pétales de plomb,

Tu dors lentement, sofas brûlants sous ta peau aimantée,

Et mes baisers rouges s’échouent contre tes côtes striées.

 

A te noyer dans les entrelacs impurs de mon alcool blanc,

Les rêves s’enchaînent et puis meurent en bulles claquantes,

Ton corps s’étend dans un sommeil dérangé par mes doigts,

Qui effeuillent ton ombre et tes hanches, soudés à leur proie.

 

A te caresser dans les vapeurs lourdes de parfums capiteux,

La parole déteint sur ton torse incendié par le fer et le feu,

Tu arques longuement ton ventre tendu de ton sexe dressé,

Et mes seins viennent à la rencontre de tes mains déliées.

 

A te soudoyer dans les caprices  laiteux des chemins inédits,

L’enfer sourd de tes pores et parfume les degrés interdits,

Encore un pas et tu seras en moi, un geste et je serai sous toi,

Scellée à jamais dans le blason de ta noblesse qui décroît…

 

Marie Lanson
Apostilles(7)

27-04-2007

Réincarnation...



Spirales de lumière convergentes,

Souvenirs lancinants,

Mémoire vive transmigrée au delà du temps,

Le chemin entre toi et lui,

Entre elle ou moi

Sans matière, sans corps de poussière,

Se tracera à l'instant défini,

Par l'infini,

Echo des vies palpitantes,

Sur les ponts des univers,

Le passage des destins,

Du regard au regard, de la main à la main,

S'enroule d'immortalité,

Se chevauche d'intégralité,

Un souffle en voyage atmosphère,

Hantera une nouvelle sphère,

Tramée de gestes, de paroles d'aujourd'hui,

Et de repentirs d'hier,

Toujours quelque part, tissée d'alternance,

Une âme libre est en partance...

Marie Lanson
Apostilles(3)

23-04-2007

Pélerins...



Il est des lieux, il est des moments, il est des prières,

Où l’on ne peut que se baisser humble vers la terre,

A se regarder en face et faire acte de pénitence,

Quand au ciel se lève le désespoir en permanence,

Il est des demandes qui se font les genoux blessés,

Quand l’homme n’a plus que le recours de la pensée,

Et que les carrefours ne mènent nulle part, qu’en nous,

Il faut parfois fléchir sous le poids orgueilleux des jours,

Il est des lieux, il est des moments, il est des prières,

Où l’on ne peut que couler ses larmes sur la terre.

 



Marie Lanson
Apostilles(9)

15-04-2007

Infinitude...



Les eaux grises en larmes de plomb,

Aux fossés béants, trombent le front de mer,

Et sur les luisances des flaques sombres,

Ton visage inversé miroite au ciel de fer.

 

Flottent les glycines en lucioles lilas pâle,

Aux murs larmoyants de crépi beige,

Tel un chant envoilé de paysages étales,

L’écho de ton sourire lointain se désagrège.

 

Les palmiers s’éploient en larges mains,

Dans l’air pluvieux d’un début d’été,

Le sud pleure des fleurs de chagrin,

Il ne me reste que ta voix aux accords blessés.

 

Oh ! Souvenirs suspendus au temps d’avant,

Bientôt je reviendrai vers nos amours bleues,

Les heures lourdes de nuages désolants,

Ne seront plus que vagues mortes et creuses…

 

Marie Lanson
Apostilles(6)

05-04-2007

Les mots amoureux...



Les mots n’en peuvent plus, ils sont ivres de toi, fous de cet amour qu’ils n’en finissent pas de dire, d’écrire…

Les mots sont venus un à un ce soir pour t’offrir tous les adjectifs, tous les noms, tous les verbes mais tu n’étais pas là, ils me sont revenus plein de tristesse…

Les mots t’aiment mon doux, mon beau, ils le murmurent chaque jour au creux de ma vie, aux détours de mes gestes, ils m’envahissent et trahissent mes pensées suspendues au présent pour m’envoyer dans ton futur…

Les mots se font satin, soie, dentelle, ils se solidifient de vermeille, d’or et de platine pour peser plus lourds, ils sont rusés les mots, ils jouent au jeu de la séduction sans en avoir l’air, ils sortent à pas de douceur du dictionnaire pour me surprendre au cœur de mes désirs et ils mettent à mes lèvres les lettres de ton nom…

Les mots, amis ou ennemis, dansent dans la nuit ombreuse ou dans le jour crémeux toujours à ta recherche, ils divaguent dans tes romans d’autrefois, s’esclaffent dans tes folies, se noient dans ta voix, ils font même l’amour avec les tiens…

Les mots sont souples et voluptueux, fragiles ou futiles, agiles et délicats et  pour toi ils se font caresse, tendresse…

Tous ces mots, je les laisse courir entre nous pour qu’ils se faufilent parfois jusqu’à toi, tu les embellis de ton aura et je peux les recueillir en bouquet quand ils me rejoignent remplis de ton regard, de ton amour…

Ces mots là, qui ont un parfum, un sourire de toi accroché aux jambages ou aux trémas  je les garde en moi, je ne les laisse plus vagabonder, ils sont devenus miens pour l’éternité…

Les mots, mon doux, mon beau, s’étirent de bonheur en pensant à toi, s’enpleurent ou s’enrient, et j’ai si peur parfois qu’ils ne rentrent pas, que tu les retiennes chez toi…

Mais chaque fois, ces mots là retrouvent le chemin de mes lignes pour être à nouveau couchés bien alignés au ciel de mon amour pour toi…

Ces mots là deviennent pour moi joyaux et bien plus encore…

Marie Lanson
Apostilles(11)
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