Hier, les arbres sont tombés, les arbres ont pleuré, Des larmes de sève, larmes amères, sur les près, Aux fourches des fruits perdus, bourgeonnait la vie, Palpitante et bruissante de fleurir enfin en mai béni.
Cerisier aux mains tendues vers le bleu, vers la dorure,.... Enfagoté, bûches contre tête, tout le long de la clôture,.... Le beige d’un cœur encore vivant, sabré en plein dedans,.... C’est tout l’été qui se meurt aux fils de fer grelottants.....
Le pourpre de l’érable est mort l’automne dernier,.... Semant ses larges feuilles à tous les vents du calendrier, Mais plus jamais son ombre n’assombrira le grand soleil, Quand mon regard gris se plissait sous ses ombrelles.
Hier, les arbres ont sangloté, hier, les arbres ont hurlé, Personne ne s’est retourné sur les écorces ensanglantées, Les racines nerveuses ne sont plus qu’un souvenir, Qui soulève encore la terre brune de leur cadavre à venir.
Mes larmes ne servent à rien sur le vert glacé des prés, Un peu de bleu, un peu d’azur, juste un peu d’eau salée, Mais hier deux arbres sont tombés, ma vie s’est endeuillée, Car c’est toute leur histoire vécue, qui va partir en fumée...
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