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Un sage-F.Pourcel

30-03-2007

Cavalier...



Le pas marqué s’allonge au soleil ambré du haras,

Entrée laiteuse, sous les fourches caudales, tu passes,

Fier à l’amble des jambes nerveuses de ta monture,

Le jour peut bien s’aventurer vers les heures pures,

Moutonner au loin en pics vifs et creux de lumière,

Ta splendeur auréole les vieilles murailles de pierre,

Et le passé suspend son éclat aux moments présents,

Et le présent fautif recule en une seconde de mille ans…

 

 

 

Marie Lanson
Apostilles(7)

21-03-2007

Paris...



Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

Aux lèvres des grands boulevards, goûter la folie de Paris,

Aux arcs et aux tours, étendre les bras, en triomphe et corolle,

Seine et rires mêlés sur des airs de saxo à l’île Saint-Louis.

 

Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

Aux pentes du Sacré-Cœur, piller des yeux les fines toiles,

Puis valser sur le pont Alexandre III au souffle du vieil Eole,

Suspendre son âme au nez  des gargouilles de Notre-Dame.

 

Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

A la mosaïque de diamant du clos du Louvre faire la nique,

Cambrioler les instants fugaces et les garder comme oboles,

Prodiguées par Panam en habits de princesse aristocratique.

 

Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

Aux trames du passé et du présent, recoudre ses souvenirs,

Le nez en l’air et le regard aux aguets derrière les paroles,

Pour saisir dans l’objectif tout ce qui se croque et se désire.

 

Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

Et si Marie ne revenait pas ?

Et si Marie devenait folle ?

Et si Marie ? Mais Marie s’en va, Marie est… là-bas…

Marie Lanson
Apostilles(11)

16-03-2007

Le poète de la lumière...


(cliché : Marc Chapelat)


Comme un matin radieux au bord de l’or,

Coulé et si mouvant sur le souple du décor,

En passant par le reflet exact de vos yeux,

Le cœur de l’orchidée lie, passe aux aveux,

Et se décalque sur vos amours de lumière,

Pour vous donner la réplique de sa prière.

 

Comme un soir tombant aux rives de l’eau,

Evanoui et brumeux sur l’onde de sa peau,

En glissant par votre sentiment d’émotion,

La plaine couchée et soulevée de frissons,

S’étire jusqu'à la forêt céladon et mercure,

Pour vous offrir les couleurs de sa nature.

 

Comme un papillon fou strié d’azur liquide,

Aquarellé par une fée de teintes intrépides,

En plongeant dans votre cœur submersible,

Le mouvement délicat de l’air imprévisible,

Se faufile sous l’objectif pour se tatouer,

Au plus profond de vos images à inventer.

 

Comme une saison volée à l’année en cours,

Printemps acidulés, automnes fauves d’atours,

En transformant la fêlure de l’espace-temps,

Le doux pinceau céleste aux lasures d’instant,

A grands traits, barbouille les cieux d’écarlate,

Pour vous éblouir juste à la minute du pirate.

 

Comme une vie vécue aux côtés de la beauté,

Vitrifiée au plus près de la poésie détourée,

Clichés flamboyants ou bien sombre certitude,

En musardant sur toutes les routes de solitude,

Vous donnez un sens à l’écho lointain du monde,

Plaisir explosé au regard des âmes vagabondes…

 

Hommage à Marc Chapelat.

http://www.chapelat.com

Marie Lanson
Apostilles(5)

12-03-2007

Toi...



Or et violine, lentement entremêlés sous ton soleil éloigné,

Le vin brille encore dans les longs verres, en gouttes paillées,

Et je bois la dernière perle à tes lèvres rouges et ourlées,

Or et violine, lentement entremêlés dans tes mains ocrées,

Tes yeux profonds se perdent dans mes chaudes marées,

Tu me rejoins au bord de la vague en plis et flux serrés,

Or et violine, lentement entremêlés sous ton corps tant aimé,

Les draps gardent encore l’empreinte de nos échappées,

Et tu pars pour tes contrées de lumière et d’amour désolé.

 

Marie Lanson
Apostilles(5)

05-03-2007

A ton corps nu...


A ton corps nu, je scande tous les orients feu et les sables émouvants,

Ceinte de paillettes, de piécettes au plus près de mes reins ondulants,

Je couche mes seins sur ta peau frissonnante,

Je danse.

 

A tes lèvres pleines, je jaillis tous les baisers embrasés de Bengale,

Buvant ton eau parfumée à la commissure des boutons en sépales,

J’adoube tes hanches de mes inconvenances vitales,

Je fais escale.

 

A tes mouvements rythmés, je marque le pas de sarabande éternelle,

Tendue de peau douce et de chair sous tes doigts ouverts en ombrelle,

J’immerge ma raison dans ton bain passionnel,

Je m’entremêle.

 

A tes gémissements liquides, je fais place aux creux de mon ventre,

Aux allers et retours sur le même océan pacifique indigo en épicentre,

Je glisse entre ciel et terre jusqu’à ton antre,

Je m’ancre.

 

A tes repos vallonnés, je m’apaise de tous les émois de la pénombre,

Je tiens ta main au creux de mes rêves fous, je la menotte à mon ombre,

Je dors enfin sur le satin des décombres,

Je sombre.

Marie Lanson
Apostilles(12)

02-03-2007

Ombres...



L’ombre était violette, l’ombre pourfendait la lumière de son négatif,

Au pied de l’arbre pleurait son image inversée, ses branches au passif,

Hier, j’ai déposé en hommage un regard sur ce pré teinté de printemps,

Pour toi qui aime tant les ombres, et qui n’étais pas à mes côtés pourtant,

J’ai sublimé mes yeux pour qu’ils se reflètent dans les tiens que j’aime,

L’air était froid, tremblant de vent aux cris des grands oiseaux d’ébène,

Et je parcourais les champs et les rivières à la recherche de ces ombres,

Pour te les offrir en rimes ce soir entre deux soupirs lents à la pénombre…

 

 

 

Marie Lanson
Apostilles(9)
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