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Un sage-F.Pourcel

28-01-2007

Voiles...

Frémir aux voiles de tes fenêtres, une respiration de vent,

Et trembler dans l’aube de tes hivers gelés et frissonnants,

Je mettrai l’immaculé des dentelles à ton front souverain,

Nous écrirons d’un parfait accord le chant de nos quatrains,

Plus jamais tes yeux ne glisseront sur les déserts d’horizons,

Toujours à tes éveils brilleront les épis d’or de nos moissons,

Au panier de ton bras crouleront des brassées de tendresse,

Le serpent amer boira les larmes et  la douleur de tes tristesses.

 

Marie Lanson
Apostilles(5)

21-01-2007

Une porte bleue...


Une porte bleue comme une promesse ouverte,

Un chemin dans un mur comme une découverte,

Des siècles et des siècles pour marauder,

Derrière l’ultime secret d’une porte fermée,

Une porte bleue comme un souvenir enfoui,

Un chemin dans l’histoire comme une fuite…

Marie Lanson
Apostilles(8)

13-01-2007

Feux...



Au carrefour des routes tendues de voiles absurdes,

Et de pièges insoupçonnables,

Tous les sentiers résonnent d’oraisons lugubres,

Et de mots imprononçables,

Elle tangue de tendresse à l’appel de ta voix,

Elle se languis de ton visage, de ton regard,

En allumant les grands feux aux foudres de Dieu,

En attisant les colères, les anathèmes des messagers,

Elle oublie ses promesses, fléchie d’espoirs insensés,

Le vent s’emballe à souffle de géant,

Délayant ses idées en brumes merveilleuses,

Double, en attente toujours du geste, du signe allumé,

Aux torchères du passé,

Son amour muselé, son cœur désordonné bat,

Si bas que les étrangers ne l’entendent pas,

De sa splendeur ancienne, il ne reste que les rimes,

Brins de muguet, poussières divines en sarabande ultime,

Où elle plonge âme et corps à l’invitation nocturne,

Lorsque la lune rousse lui dessine encore et encore,

Les runes sacrées,

Sur l’autel inviolé de son sacrifice inutile,

Vierge de toi à tout jamais dans ses catacombes hostiles…

Marie Lanson
Apostilles(7)

09-01-2007

Aussi...


Aussi loin que le regard porte, aussi loin que les élans m’emportent, mon bras n’est jamais assez long pour te ramener jusqu’à ma porte.

Aussi loin que l’horizon se tende, aussi loin que le miel de l'hiver s’étende, mes appels ne sont jamais assez forts pour que tu m’entendes.

 

Aussi près que mes yeux se posent, aussi près que mon cœur dispose, mon désir n’est jamais assez puissant pour qu’au soleil tu te superposes.

Aussi près que les battements de mon âme chantent,  aussi près que le sang affleure mes tempes, mon temps n’est jamais assez court pour qu’à mon plaisir tu t’enchantes…

Marie Lanson
Apostilles(5)

07-01-2007

Fleur-passion...




Mes courbes se fardent au clair de ton regard voluptueux,

Frémissement de ma chair au velouté mouillé de tes lèvres,

Quand tu déroules sur ma peau  nue de nouveaux arpèges,

Et que les fleurs de soupir s’éveillent de chants audacieux.

 

Mes mains s’étendent de chatteries vers ton corps alangui,

Le ciel fuit sous les étoiles bourgeonnantes à la nuit noire,

Fusant de folie fiévreuse, de brasiers fous, reflets d’ivoire

Et les délices dérivent en vallées insensées au creux exquis.

 

Mon ventre épouse la souplesse rythmée de tes avances,

Tremblant de tout ce que tu ne dis pas, de ce que tu oses,

Doucement, les vas et viens se plient à notre danse éclose,

Et sur le rebord du plaisir se penche une orchidée blanche.

 

Je tombe dans les avens des peintres créateurs de palettes,

Etincelles immaculées jaillies sous mes paupières baissées,

Toutes les absences s’effacent d’un trait d’encre mordorée,

Et le temps long peut enfin mourir au fond des oubliettes.

Marie Lanson
Apostilles(9)

01-01-2007

Flamme...



Amour… J’ai trouvé la lumière qui mène au gouffre de tes souffrances,

J’ai dérivé à l’orée de tes histoires pendant les siècles où tu errais seul,

J’ai porté haut la flamme du sacrifice avec pour bagages tous les silences,

Les sanglots violaient ma gorge d’acide et de sel, je cherchais un linceul,

C’est au bout de l’étroit passage, que j’ai trouvé la trace de tes existences,

Alors j’ai su que tu tremblais toujours dans des âges insolents et cruels,

Et qu’il fallait que je te ramène sur nos terres secrètes ivres d’abondance,

Pour t’aimer dans les délices de nos corps et de nos cœurs enfin mortels…

 

Marie Lanson
Apostilles(3)
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