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Un sage-F.Pourcel

01-07-2007

Te dire...



Il y a des mots qui franchissent les lèvres

Et puis des mots qu’on voudrait taire,

Il y a tous ceux qui ne veulent pas dire ce que l’on voudrait se dire,

Les mots qui nous trahissent, des mots tellement ordinaires,

Des syllabes nées juste dans un tressaillement, un soupir,

Et puis, il y a les gestes, ceux que l’on ne peut retenir de tendresse,

Ceux qui se manifestent souvent au détour d’une détresse,

Et si seul cela comptait vraiment ?

S’ils étaient en forme de cadeau offert comme une caresse,

Un parfum de freesia qui frémit les pensées,

Une couleur de rose qui comble le cœur,

Tout serait alors dit, sans non-dit, sans erreur…

Marie Lanson
Apostilles(8)

28-06-2007

Ecriture...

 

Tu m’écris des phrases émeraude,

Tu déposes dans mes nuits creuses des perles fauves,

Et l’éclat de tes rimes touche le centre,

C’est comme un volcan, comme un tremblement,

Ma chair t’appelle au-delà des mers et des distances,

Mon autre, à mi-chemin de nous, vibrent les souvenirs,

Je reprendrai les pas qui s’égrènent derrière nos soupirs,

Je précéderai ton rire pour accueillir tes baisers,

A la fleur du jour,

Tu me trouveras accoudée sur les quais de la Seine,

Au bal d’amour,

Je serai de nouveau ta souveraine…

 

 

Marie Lanson
Apostilles(9)

19-06-2007

Les larmes des sorcières...

Cliquez sur l'image pour visualiser l'animation

Marie Lanson
Apostilles(8)

16-06-2007

Péché de gourmandise...



Au lait de la vie, goûter et lécher les bords du verre,

Happer des lèvres le dôme du fruit, sa saveur primaire,

Et laisser couler l’écume jusqu’au grain de ma gorge,

Voler la saveur puis la butiner comme un sucre d’orge,

Effeuiller le miel à la nacre physalis, plonger cuillère,

Du blanc laiteux, glisser dans l'orange du coulis amer,

Passion explosée sur ma langue affolée de fraîcheur,

Suave péché de gourmandise, un nectar tel un bonheur…

Marie Lanson
Apostilles(7)

13-06-2007

Souvenir...



C’est une promenade comme un souvenir, comme un baiser d’hier,

Les eaux soulevaient leur reflet à la rencontre de tes yeux cannelle,

Et nos regards lents se mêlaient aux palettes des peintres incendiaires,

Sous les voûtes des ponts arqués, tu braisais mes lèvres de caramel,

Puis tu refermais les doigts sur une parcelle de nos ans millénaires.

 

C’est une promenade comme un zeste de toi, un songe surnaturel,

Le soleil se pendait aux jambes fines des armatures en trait de lumière,

Quand glissaient à portée de nos mains, les péniches bleues et miel,

Telle une étrenne déposée pour nous sur la Seine par un dieu téméraire,

Et qui se décalquait sur la toile des baladins de Paris l’intemporelle…

Marie Lanson
Apostilles(10)

25-05-2007

Couchant...



Aimer au couchant d’ouest, remorquer doucement tes rêves,

Amarrer les ors et les sombres en sensations inédites sans trêves,

Les bruits s’étendent sur le fleuve et s’assourdissent de passion,

Seul mon cœur et le tien battent encore et toujours à l’unisson.

 

Reconnaître le bateau de tes songes et dériver dans son sillage,

Obscurité pour mieux dérober un à un tes baisers en luxuriance,

Ne plus faire qu’un à la corde tendue des départs et des arrivages,

Pour le meilleur et le plus beau, pour l’aventure de l’abordage…

 

Marie Lanson
Apostilles(9)

18-05-2007

Les Fous...



Aux souffles illusoires des comédies d’amour,

Les fous s’envolent, les fous dansent la corde au cou,

Il y a comme cela des mots chuchotés en précipice,

Qui se perdent, navrants, sur des lèvres à l’entrecuisse.

 

Aux tornades puissantes des utopies damnées,

Les fous s’enterrent, les fous hurlent, boulet au pied,

Et dans le flou du rouge fluo, silhouettes sauvages,

Qui s’escriment à faire croire au paradis ramage.

 

Aux Siroccos brûlants comme un mensonge secret,

Les fous se lèvent, les fous jouissent sur l’onde du mascaret,

Les pleins et les creux des images surajoutées,

N’ajoutent que la sincérité de l’instant, du moment volé.

 

A toutes les rafales d’Eole en colère, en abus déments,

Les bornes se figent pour tuer les fous inconscients,

Les violeurs de voiles légers, les cranteurs d’arrêt sur toile,

Obscénités glissées sous les yeux faussement complices des étoiles.

 

Les fous se meurent et les fous croient s’aimer,

Les fous s’enferrent et les fous croient s’armer,

Les fous sont fous de croire que l’amour c’est ça,

Mais les fous ont besoin de ça pour vivre ici-bas…

  

 

Marie Lanson
Apostilles(8)

13-05-2007

Cadeau...



Pour une fois ce ne sont pas mes mots
Mais ceux de ma fille offerts en cadeau
Ce dimanche 13 mai.


http://larmes.skynetblogs.be

Marie Lanson
Apostilles(18)

09-05-2007

Il me vient ....



Il me vient comme cela des mots farouches, des mots qui se heurtent quand tout est mélancolie  et que les larmes ruissellent en eau de peine dans l’obscur.

 

Il me vient comme cela des mots lutteurs qui me tordent le cœur d’une poigne d’acier quand ton souvenir plombe ma mémoire et que tout est dit depuis toujours.

 

Il me vient parfois des mots à lire, il me vient des mots, juste des mots à écouter que j’emprunte sur des terres étrangères et qui se mêlent aux miens pour naître à de nouvelles sensations.

 

Il me vient tant de choses quand la porte se ferme sur tes mots, que la nuit pleine voûte mon univers et que les horloges lunaires sonnent le paisible et l’espoir.

 

Il me vient des sentiments mélangés d’exactitude et de flou, des images d’avant se superposent au présent lancinant et trame l’inconstant de l’évanescence.

 

Il me vient … Comme si parfois j’étais vide et que les mots me remplissaient…

 

Mais peut-être suis-je vide ?… J’ai besoin de toi, de tes mots… Parfois… Souvent… Toujours…

Marie Lanson
Apostilles(8)

07-05-2007

Jeux d'enfants...



Jeux d’enfants, jeux éclatés au gravier des mains malhabiles,

L’innocence se marelle dans la cour des petits entre les grilles.

 

Jeux de billes, jeux fureteurs, le regard danse sur l’avenir futile,

La patience se colle d’impatience, les rêve s’envolent en toupie.

 

Jeux d'ardeur, jeux dérapés sur les degrés des années fébriles,

La candeur n’a que la saveur des yeux qui disent « encore » la vie.

 

Jeux d’acteurs, jeux en herbe, tout se consume au sentiment tactile,

Le bonheur pur s’ancre dans le ballon rouge qui roule et qui brille…

 

Marie Lanson
Apostilles(7)

30-04-2007

Fantasmes...



A te désirer dans les volutes bleues de mon tabac blond,

Les larmes s’enfument et ruissellent en pétales de plomb,

Tu dors lentement, sofas brûlants sous ta peau aimantée,

Et mes baisers rouges s’échouent contre tes côtes striées.

 

A te noyer dans les entrelacs impurs de mon alcool blanc,

Les rêves s’enchaînent et puis meurent en bulles claquantes,

Ton corps s’étend dans un sommeil dérangé par mes doigts,

Qui effeuillent ton ombre et tes hanches, soudés à leur proie.

 

A te caresser dans les vapeurs lourdes de parfums capiteux,

La parole déteint sur ton torse incendié par le fer et le feu,

Tu arques longuement ton ventre tendu de ton sexe dressé,

Et mes seins viennent à la rencontre de tes mains déliées.

 

A te soudoyer dans les caprices  laiteux des chemins inédits,

L’enfer sourd de tes pores et parfume les degrés interdits,

Encore un pas et tu seras en moi, un geste et je serai sous toi,

Scellée à jamais dans le blason de ta noblesse qui décroît…

 

Marie Lanson
Apostilles(7)

27-04-2007

Réincarnation...



Spirales de lumière convergentes,

Souvenirs lancinants,

Mémoire vive transmigrée au delà du temps,

Le chemin entre toi et lui,

Entre elle ou moi

Sans matière, sans corps de poussière,

Se tracera à l'instant défini,

Par l'infini,

Echo des vies palpitantes,

Sur les ponts des univers,

Le passage des destins,

Du regard au regard, de la main à la main,

S'enroule d'immortalité,

Se chevauche d'intégralité,

Un souffle en voyage atmosphère,

Hantera une nouvelle sphère,

Tramée de gestes, de paroles d'aujourd'hui,

Et de repentirs d'hier,

Toujours quelque part, tissée d'alternance,

Une âme libre est en partance...

Marie Lanson
Apostilles(3)

23-04-2007

Pélerins...



Il est des lieux, il est des moments, il est des prières,

Où l’on ne peut que se baisser humble vers la terre,

A se regarder en face et faire acte de pénitence,

Quand au ciel se lève le désespoir en permanence,

Il est des demandes qui se font les genoux blessés,

Quand l’homme n’a plus que le recours de la pensée,

Et que les carrefours ne mènent nulle part, qu’en nous,

Il faut parfois fléchir sous le poids orgueilleux des jours,

Il est des lieux, il est des moments, il est des prières,

Où l’on ne peut que couler ses larmes sur la terre.

 



Marie Lanson
Apostilles(9)

15-04-2007

Infinitude...



Les eaux grises en larmes de plomb,

Aux fossés béants, trombent le front de mer,

Et sur les luisances des flaques sombres,

Ton visage inversé miroite au ciel de fer.

 

Flottent les glycines en lucioles lilas pâle,

Aux murs larmoyants de crépi beige,

Tel un chant envoilé de paysages étales,

L’écho de ton sourire lointain se désagrège.

 

Les palmiers s’éploient en larges mains,

Dans l’air pluvieux d’un début d’été,

Le sud pleure des fleurs de chagrin,

Il ne me reste que ta voix aux accords blessés.

 

Oh ! Souvenirs suspendus au temps d’avant,

Bientôt je reviendrai vers nos amours bleues,

Les heures lourdes de nuages désolants,

Ne seront plus que vagues mortes et creuses…

 

Marie Lanson
Apostilles(6)

05-04-2007

Les mots amoureux...



Les mots n’en peuvent plus, ils sont ivres de toi, fous de cet amour qu’ils n’en finissent pas de dire, d’écrire…

Les mots sont venus un à un ce soir pour t’offrir tous les adjectifs, tous les noms, tous les verbes mais tu n’étais pas là, ils me sont revenus plein de tristesse…

Les mots t’aiment mon doux, mon beau, ils le murmurent chaque jour au creux de ma vie, aux détours de mes gestes, ils m’envahissent et trahissent mes pensées suspendues au présent pour m’envoyer dans ton futur…

Les mots se font satin, soie, dentelle, ils se solidifient de vermeille, d’or et de platine pour peser plus lourds, ils sont rusés les mots, ils jouent au jeu de la séduction sans en avoir l’air, ils sortent à pas de douceur du dictionnaire pour me surprendre au cœur de mes désirs et ils mettent à mes lèvres les lettres de ton nom…

Les mots, amis ou ennemis, dansent dans la nuit ombreuse ou dans le jour crémeux toujours à ta recherche, ils divaguent dans tes romans d’autrefois, s’esclaffent dans tes folies, se noient dans ta voix, ils font même l’amour avec les tiens…

Les mots sont souples et voluptueux, fragiles ou futiles, agiles et délicats et  pour toi ils se font caresse, tendresse…

Tous ces mots, je les laisse courir entre nous pour qu’ils se faufilent parfois jusqu’à toi, tu les embellis de ton aura et je peux les recueillir en bouquet quand ils me rejoignent remplis de ton regard, de ton amour…

Ces mots là, qui ont un parfum, un sourire de toi accroché aux jambages ou aux trémas  je les garde en moi, je ne les laisse plus vagabonder, ils sont devenus miens pour l’éternité…

Les mots, mon doux, mon beau, s’étirent de bonheur en pensant à toi, s’enpleurent ou s’enrient, et j’ai si peur parfois qu’ils ne rentrent pas, que tu les retiennes chez toi…

Mais chaque fois, ces mots là retrouvent le chemin de mes lignes pour être à nouveau couchés bien alignés au ciel de mon amour pour toi…

Ces mots là deviennent pour moi joyaux et bien plus encore…

Marie Lanson
Apostilles(11)

30-03-2007

Cavalier...



Le pas marqué s’allonge au soleil ambré du haras,

Entrée laiteuse, sous les fourches caudales, tu passes,

Fier à l’amble des jambes nerveuses de ta monture,

Le jour peut bien s’aventurer vers les heures pures,

Moutonner au loin en pics vifs et creux de lumière,

Ta splendeur auréole les vieilles murailles de pierre,

Et le passé suspend son éclat aux moments présents,

Et le présent fautif recule en une seconde de mille ans…

 

 

 

Marie Lanson
Apostilles(7)

21-03-2007

Paris...



Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

Aux lèvres des grands boulevards, goûter la folie de Paris,

Aux arcs et aux tours, étendre les bras, en triomphe et corolle,

Seine et rires mêlés sur des airs de saxo à l’île Saint-Louis.

 

Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

Aux pentes du Sacré-Cœur, piller des yeux les fines toiles,

Puis valser sur le pont Alexandre III au souffle du vieil Eole,

Suspendre son âme au nez  des gargouilles de Notre-Dame.

 

Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

A la mosaïque de diamant du clos du Louvre faire la nique,

Cambrioler les instants fugaces et les garder comme oboles,

Prodiguées par Panam en habits de princesse aristocratique.

 

Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

Aux trames du passé et du présent, recoudre ses souvenirs,

Le nez en l’air et le regard aux aguets derrière les paroles,

Pour saisir dans l’objectif tout ce qui se croque et se désire.

 

Marie s’en va, Marie s’envole, Marie là-bas, Marie frivole,

Et si Marie ne revenait pas ?

Et si Marie devenait folle ?

Et si Marie ? Mais Marie s’en va, Marie est… là-bas…

Marie Lanson
Apostilles(11)

16-03-2007

Le poète de la lumière...


(cliché : Marc Chapelat)


Comme un matin radieux au bord de l’or,

Coulé et si mouvant sur le souple du décor,

En passant par le reflet exact de vos yeux,

Le cœur de l’orchidée lie, passe aux aveux,

Et se décalque sur vos amours de lumière,

Pour vous donner la réplique de sa prière.

 

Comme un soir tombant aux rives de l’eau,

Evanoui et brumeux sur l’onde de sa peau,

En glissant par votre sentiment d’émotion,

La plaine couchée et soulevée de frissons,

S’étire jusqu'à la forêt céladon et mercure,

Pour vous offrir les couleurs de sa nature.

 

Comme un papillon fou strié d’azur liquide,

Aquarellé par une fée de teintes intrépides,

En plongeant dans votre cœur submersible,

Le mouvement délicat de l’air imprévisible,

Se faufile sous l’objectif pour se tatouer,

Au plus profond de vos images à inventer.

 

Comme une saison volée à l’année en cours,

Printemps acidulés, automnes fauves d’atours,

En transformant la fêlure de l’espace-temps,

Le doux pinceau céleste aux lasures d’instant,

A grands traits, barbouille les cieux d’écarlate,

Pour vous éblouir juste à la minute du pirate.

 

Comme une vie vécue aux côtés de la beauté,

Vitrifiée au plus près de la poésie détourée,

Clichés flamboyants ou bien sombre certitude,

En musardant sur toutes les routes de solitude,

Vous donnez un sens à l’écho lointain du monde,

Plaisir explosé au regard des âmes vagabondes…

 

Hommage à Marc Chapelat.

http://www.chapelat.com

Marie Lanson
Apostilles(5)

12-03-2007

Toi...



Or et violine, lentement entremêlés sous ton soleil éloigné,

Le vin brille encore dans les longs verres, en gouttes paillées,

Et je bois la dernière perle à tes lèvres rouges et ourlées,

Or et violine, lentement entremêlés dans tes mains ocrées,

Tes yeux profonds se perdent dans mes chaudes marées,

Tu me rejoins au bord de la vague en plis et flux serrés,

Or et violine, lentement entremêlés sous ton corps tant aimé,

Les draps gardent encore l’empreinte de nos échappées,

Et tu pars pour tes contrées de lumière et d’amour désolé.

 

Marie Lanson
Apostilles(5)

05-03-2007

A ton corps nu...


A ton corps nu, je scande tous les orients feu et les sables émouvants,

Ceinte de paillettes, de piécettes au plus près de mes reins ondulants,

Je couche mes seins sur ta peau frissonnante,

Je danse.

 

A tes lèvres pleines, je jaillis tous les baisers embrasés de Bengale,

Buvant ton eau parfumée à la commissure des boutons en sépales,

J’adoube tes hanches de mes inconvenances vitales,

Je fais escale.

 

A tes mouvements rythmés, je marque le pas de sarabande éternelle,

Tendue de peau douce et de chair sous tes doigts ouverts en ombrelle,

J’immerge ma raison dans ton bain passionnel,

Je m’entremêle.

 

A tes gémissements liquides, je fais place aux creux de mon ventre,

Aux allers et retours sur le même océan pacifique indigo en épicentre,

Je glisse entre ciel et terre jusqu’à ton antre,

Je m’ancre.

 

A tes repos vallonnés, je m’apaise de tous les émois de la pénombre,

Je tiens ta main au creux de mes rêves fous, je la menotte à mon ombre,

Je dors enfin sur le satin des décombres,

Je sombre.

Marie Lanson
Apostilles(12)

02-03-2007

Ombres...



L’ombre était violette, l’ombre pourfendait la lumière de son négatif,

Au pied de l’arbre pleurait son image inversée, ses branches au passif,

Hier, j’ai déposé en hommage un regard sur ce pré teinté de printemps,

Pour toi qui aime tant les ombres, et qui n’étais pas à mes côtés pourtant,

J’ai sublimé mes yeux pour qu’ils se reflètent dans les tiens que j’aime,

L’air était froid, tremblant de vent aux cris des grands oiseaux d’ébène,

Et je parcourais les champs et les rivières à la recherche de ces ombres,

Pour te les offrir en rimes ce soir entre deux soupirs lents à la pénombre…

 

 

 

Marie Lanson
Apostilles(9)

24-02-2007

Ouvre-moi...



Ouvre-moi le portail sur tes eaux tumultueuses, entrouvre ta vie que je me glisse sur l’écume crème de ton désir…

 

Ouvre-moi le portail d’une seule main tandis que l’autre se portera à mon sein nu et doux dans le plaisir…

 

Ouvre-moi le portail de tes artères grondantes de sang vermillon, que je m’abreuve à la source de ta jouissance…

 

Ouvre-moi le portail sur tes yeux de soleil renversés aux cieux, entrouvre ta paume que mes doigts y griffent nos épousailles…

 

Ouvre-moi le portail de tes nuits balnéaires pour que mes dents gravent à ton cou une fleur sanglante  et  indélébile…

 

Ouvre-moi le portail de l’amour incendiaire, que l’eau de mes larmes coule sur ton corps affamé et  gracile…

 

Ouvre-moi le portail de l’éternité, entrouvre juste un instant la porte qui franchit tes passerelles interdites et je t’aimerai à jamais…

Marie Lanson
Apostilles(5)

22-02-2007

Deux coeurs...



Deux cœurs, deux roses qui se teintent de flou évanoui,

Cellophane en filigrane sur les mots reportés, les oublis,

Ceux que l’on se dira tout bas, c’est certain, la prochaine fois,

Deux cœurs, deux roses grenat, tranchées par le fil du rasoir,

Aiguisé aux cailloux brûlants, acérés, qui marquent la chair,

Satin andrinople qui se voile de pudeur pour mieux se taire,

Deux cœurs, deux roses séparés par le segment de l’absence,

Et les tons déjà se colorent de sépia dans le soir qui s’avance…

Marie Lanson
Apostilles(7)

18-02-2007

Carnaval...



Butiner un sourire sous le masque à peine clos,

Soulever un regard au travers des œillères d’or,

Les heures sont aux paillettes de ciel et dentelles,

Fleurir des étoiles au front lisse des jouvencelles,

Carnaval tremblé sous l’ombrelle en plein soleil,

Du rythme qui bat tambour et reluit de vermeille,

Les capes de velours traînent sur les places pies,

Aux  fins traits de lasure fendus de lumière impie,

Les dieux et les diables en sarabandes éternelles,

Ne s’arrêteront que le mercredi en repentir véniel,

Quand les mains tomberont les oranges et les gâteaux,

Et viendront à doigts de loup au carême pour le repos…

 

Marie Lanson
Apostilles(7)

11-02-2007

Charbon...



De bois, d’acier aux mines sombres enfouies, veines noires,

Balade et pluie au rythme des gueules noires d’hier illusoire,

Les reflets en miroir de flaques parlent toujours du charbon,

Comme une plaie vive couturée et boursouflée de chansons,

Du tonnerre de grisou qui tuait sans sursaut au fond du trou,

Se dressent encore les squelettes vitrifiés sur les limons fous,

Un abandon cruel du passé se disloque entre ombre et clarté,

Tels les souvenirs collés aux godillots des cadavres délaissés,

Visite insoupçonnée en terres de Cheratte où meurt l’espoir,

De voir renaître un jour la lumière au cœur de notre histoire…

Marie Lanson
Apostilles(8)

07-02-2007

Enfant...



Dors enfant des brumes, enfant des lunes,
Les sages envieillis, gardiens des antiques runes,

Veillent...
Rêve enfant des dunes, enfant d'écume,
Les anges ailés de dentelle, veloutés de plumes,
Veillent...
Vis enfant de fortune, enfant de lagune,
Les dieux d'hier dans leur gloire posthume,
Veillent...
Ecoute ton âme,
Suis ton cœur,
Fuis l'infâme,
Ignore la peur,
Moi je suis là,
Je veille...


Marie Lanson
Apostilles(10)

04-02-2007

Le monde à l'envers...



Aux reflets immenses des arbres immobiles, tombe un soupir,

Juste une virgule de minutes sur le crépuscule qui s’inverse,

Un pli bleu dans l’onde froide tremble sous un soleil vampire,

Et l’heure se perd entre les prières et la noirceur des messes.

 

Une fêlure d’anomalie dans l’espace troué de lumière, se tresse,

Et des arcs-en-ciel ultra violet s’enfoncent dans la terre vive,

Un pas en arrière dans le monde à l’envers, et le ciel régresse,

Chassé par des ombres qui dévident leur écheveau, pensives.

 

Aux appels des étoiles obscures, les chants des sirènes de la nuit,

Dansent encore sur les fonds sablonneux des eaux en mutation,

Un seul regard jeté par-dessus l’épaule dans le gouffre du puits,

Et c’est toute la vie qui bascule dans le mouvement du tourbillon…

 

 

Marie Lanson
Apostilles(7)

02-02-2007

Abstraction...



Lace, enlace, délasse, des traînées de passé, de rêves avortés,

Plonge en silence vers des abysses, tourbillon de flots furieux,

Le cœur en berne de satin noir, ton âme éternelle effilochée,

L’avenir s’espace de larges trouées et se veut si mystérieux.

 

A nos envolées, à nos désespoirs, me coucher dans ton sérail,

Gardienne de tes messes sacrées, de tes requiems désenchantés,

Le soleil peut bien rouiller sur les ruines de nos vieilles murailles,

Esclave ou maître du ciel, il s’éteindra dans nos yeux alarmés.

 

Aime ou déteste les mornes cailloux de tes funestes pensées,

Un jour, un soir, la vie se ternira de ses longs voiles obscurs,

A nos remords et nos regrets, il ne restera plus que l’éternité,

Suppliant le néant de ne durer que son temps d’investiture.

 

Tombe dans les limbes percées à coups de couteaux acérés,

La mort me donnera la force de te suivre au bout de l’enfer,

Le Styx emportera l’image glacée de nos cœurs fous enlacés,

Et chaque grain de lumière balisera encore nos chemins d’hier…

 


Marie Lanson
Apostilles(4)

28-01-2007

Voiles...

Frémir aux voiles de tes fenêtres, une respiration de vent,

Et trembler dans l’aube de tes hivers gelés et frissonnants,

Je mettrai l’immaculé des dentelles à ton front souverain,

Nous écrirons d’un parfait accord le chant de nos quatrains,

Plus jamais tes yeux ne glisseront sur les déserts d’horizons,

Toujours à tes éveils brilleront les épis d’or de nos moissons,

Au panier de ton bras crouleront des brassées de tendresse,

Le serpent amer boira les larmes et  la douleur de tes tristesses.

 

Marie Lanson
Apostilles(5)

21-01-2007

Une porte bleue...


Une porte bleue comme une promesse ouverte,

Un chemin dans un mur comme une découverte,

Des siècles et des siècles pour marauder,

Derrière l’ultime secret d’une porte fermée,

Une porte bleue comme un souvenir enfoui,

Un chemin dans l’histoire comme une fuite…

Marie Lanson
Apostilles(8)
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