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C.Lara
10-05-2007
Attente...
Aquarelle
Barques bleues vagabondes en rivage Je suis là… Et mon corps tangue en attente de toi Je suis là… Envie folle dans tes bras de faire escale Je suis là… Là,rien que pour Toi.
Aux franges de la nuit voguent mes errances Et sur les voiles diaphanes frippés de l’amer Ma vie désertée s’engloutit de désespérance Et muselle le souvenir indigo en son tombeau Laissant seul mon cœur cramoisi en lambeaux S évader vers un obscur et lointain outre-mer.
Aux reflets des flaques ce soir mes mots glissent Blessure de nuit sur mes sentiers fous et interdits Mots bleux fossiles épurés comme une esquisse Chanteplore à la recherche de notre âme ancienne Serais-je encore ce braconnier solitaire et maudit Etouffant sa destinée sur un rite de danse payenne…
Sur des terres d’émeraude à la cambrure de nos rêves exaltés Des orangés safran et bronze cloutent le ciel d’éclats diaprés Et les bleus indigo et cobalt éclaboussent les rues pavées Où se reflétent dans leurs flaques nos deux ombres serrées La nuit de taffetas zinzolin nous enveloppe et galvaude Les miel et or parures divines des masques en baguenaude Rêve de phosphore, féerie d’un moment sous les cieux étoilés Alors, je forcerai mes larmes à devenir fleuve empourpré Pour sombrer dans un océan de tendresse et m’enivrer De votre encre épicée qui s’ exhale sur ma peau ambrée Paladin, vous m’avez offert de vous ces mots marines Mots arachnéens comme des papillons de soie argentine Mots de gourmandises aux senteurs vanille et de Tiaré Ainsi je vous tracerai à la main sur des papiers veloutés Des mots délice aux saveurs de cannelle et de gingembre Et dans le grimoire secret de nos mémoires retrouvées Nous nous noierons cette nuit de quatorze septembre Paladin, je vous en prie laissez-moi encore une fois... rêver.
Je sais l'oiseau majestueux dansant au dessus des forets, Celui qui m’emporte sur des rubans d’écumes serpentines Pour me conduire au pays ancestral du Stupa blanc. Là-bas je cueillerai une graine magique de Lotus Puis la coulerai dans le lac de tes yeux, efflorescente La lumière mystère jaillissant du cœur de mille pétales Enflammera pour l’éternité tes vallées enchanteresses.
Alors Amour, je te dirai pourquoi les fleurs pleurent en secret des larmes salées.
Je sais la brume levée à l'horizon des aubes argentées Celle qui transforme tous les cailloux en pépites éphémères Et maquille à l’aurore de perles nos corps chavirés. S’évanouissant sous des reflets de pierres aventurines Mes mains laisseront sur ton corps des éclats damasquinés Et, dévoilant mes envies audacieuses et impudiques Mes doigts complices cueilleront le fruit rouge défendu.
Alors Amour, je forgerai des bijoux invisibles que toi seule pourras porter.
Je sais les mots crachés des volcans retombant en cendres Ceux étouffés dans la vapeur de nos nuits d’illusions Où je te contai la légende de Manjushri volant sur un lion bleu, Armé de son épée il taillait plusieurs gorges au travers de la montagne Pour que l’eau s’écoule du lac et rende fertilité au fond de la vallée . Ces mots cascades inonderont l’intimité de nos ventres épousés Laissant dans nos veines qu’une mer rouge et or en ressac
Alors Amour, de mes mots murmures je réinventerai pour toi la terre ambrée.
Je sais le manque et les yeux qui s'inondent d'impuissance... Celui qui inlassablement déchire nos nuits funestes et rouillées Furieux Je briserai les tiroirs du coffret cinabre des souvenirs Pour t’offrir le grimoire secret de mes histoires singulières Puis je démonterai les pierres de mes citadelles condamnées Et main dans la main nous irons cueillir dans le désert Un matin de grand vent la rose des sables qui n’a peur de rien
Alors Amour, dans un ballet incandescent je m’abandonnerai à tes étreintes.
Sais-tu mon amour comment je t’aime… Comme un jardin infini où pousse mille roses de complicité Mariant leurs fragrances aux senteurs de mes sous bois.
Sais-tu mon amour comment je t’aime… Comme le vent impétueux qui souffle sur la crête des vagues Déposant quelques notes de musique sur la portée de nos désirs.
Sais-tu mon amour comment je t’aime… Comme ces émeraudes qui se délavent dans le reflet de tes yeux Pour devenir bleu-ardoise et te réinventer l’aurore.
Sais-tu mon amour comment je t’aime… Comme ce livre millénaire où caracole le syllabaire Pour écrire… Toi, la plus belle page de mon histoire
Sais-tu mon amour comment je t’aime… Comme ce fier trois mats reliant notre port d’attache Sous l’obscure clarté loin des poudrins de Terre Neuve
Sais-tu mon amour comment je t’aime… Comme ce musicien dansant sur le chemin des amandiers Et qui de sa flûte jouerait inlassablement la partition de nos vies.
Sais-tu mon amour que de toutes ces choses Tu es la plus belle et la plus chère à mon cœur.
Guerrier du désespoir, en des temps d’outre-tombe Je m’étais construit des murailles au bout du monde, Au gré d’un souffle nouveau sous des voûtes demeurées closes Le secret a transpiré des profondeurs de son oubli Et mes mots jusqu’alors emmurés se sont révoltés, Ourlés de poésie et d’infinie tendresse devenus papillons blancs Ils se sont élancés éclaboussant mes nuits cataractes.
Astre de lune… écoute les mystères de ce monde factuel, Emporte avec le vent les tourments du temps présent… Rejoins-moi aux franges des ténèbres, Je te conduirai près du lac des nymphes sous la mer, Et j’y déposerai ma dernière larme cristalline, Perle de lumière qu’Isis m’avait confié Un jour rugissant des grands vents de Barbarie.
Douce mélodie… n’oublie pas mon désir et ma souffrance, Dépose un baiser sur mon cœur qui se meurt Ainsi je soulèverai un à un les reflets ambrés de la rivière Pour y retrouver la lumière de tes yeux. Près du feu s’évaporeront les parfums souffrants de la terre Ne laissant place qu’à deux corps en partance Baignés des encens sous l’orbe des étoiles évanescentes.
Belle… pare-toi, cette nuit je t’emmène sur un char diamantin Attelé de goélands, vers la terre secrète des hommes bleus Ecouter la musique des sables où l’harmonie du temps Se fait pour l’éternité l’écho de mes "je t’aime ". Nos corps envelourés des moiteurs enivrantes, Lovés sur la divine couche d’amour efflorescente Et vibrant à l’unisson, s’arqueront de nos désirs.
Déesse… je te rejoins, docile et nue dans cette valse érotique Nos doigts délivrent nos corps des incendies ardents Dans des oasis magiques et cloutées d’or, et s’affolent de tendresse. Ta bouche sur la mienne dessine tous les mots de miel Que nous avons inventé aux confins de nos forêts enchantées Pour regarder ensemble le manque agoniser sous nos caresses Et sceller au plus profond de nous l’immortalité de notre amour.
Amour… tu as trouvé les mots pour émerger mes citadelles englouties N’oublie jamais, l’anneau forgé aux rayons du soleil, ce jour de septembre Anneau ciselé aux feux ardents du passé pour toi mon Amante éternelle. Chevalier de la Toison d’or, Paladin ou guerrier des temps maudits Sur des chemins aquarellés de teintes Aventurine et indigo Je serai là, au cœur de nous, ombre et lumière fondues à jamais Pour t’aimer et mourir entre tes bras emportant le secret de nos âmes.
Tes mots, mon sang, myriade d’étoiles phosphorescentes Eclaboussent mes nuits cataractes de fulgurances démentielles. Tes mots, jet d’écume suave aux couleurs océanes Dans le matin exalté sonnent comme cloches à herle.
Tes mots, murmurés, sonate cristalline au clair des jours Chassent l’hélequin qui voulait m’engloutir à jamais. Tes mots, liqueurs, parfumés au goût d ‘épices des îles Se noient dans mes émotions aux teintes Aventurine.
Tes mots, douceurs, caresse infinie d’une nuit de septembre Cloutés dans mon cœur, figent nos amours pour l’éternité. Tes mots, explosés, rubans de feu d’un orage d’été S’emmêlent aux miens pour ne devenir plus qu’un.
Tes mots, amour, vainqueurs au sablier du temps Embrument et estompent mes citadelles millénaires. Tes mots, fougueux, envolées sauvages d’ Eole Tourbillonnent et ravivent mon cœur et mon corps.
Tes mots à tout jamais sont devenus source de ma vie.
Comme surgit du fond des âges, fier, Tu te dresses les bras tendus vers le ciel. D'un printemps froid de fleurs immortelles Tu portes encore les stigmates d’une nuit De Rameaux laissés par la tempête Au gré d’un souffle nouveau.
La main de l’homme a marqué ton cœur d’un V de feu, Ce V n’est pas celui de la victoire mais signe ton trépas. La braise rallume ma mémoire, Moine rouge dans mes souvenirs, J'entends encore les chanteplores à ton pied. Et ce soir je suis à nouveau témoin De l’existence qui ne doit jamais se perdre,
La vérité ne s’éteint pas avec la cendre du temps.
Il était un templier noir sorti des entrailles de la terre Qui s'était cru comme le vent, libre et intemporel Pourtant un coup de poignard en plein coeur Lui a rappelé que son passage ici bas n'était que temporaire Depuis ce jour, gardien de son tombeau, il pleure Car il sait qu'il n'est pas immortel.
On retourne toujours d'où l'on vient Qu'on ait emprunté n'importe quel chemin.
En d’autres temps, ils étaient neuf, tous issus de France, Chevaliers aux épées trempées dans l’airain de la foi, Nouvelle Jérusalem reprise aux Maures sans créance, Le temple lié aux mains de Payen, Rossal ou Geoffroy.
En d’autres lieux, ils étaient fiers, tous nés de noblesse, Défenseurs religieux et soldats du bois de la vraie croix, Sa Sainteté Honorius leur donna le droit de forteresse, En terre étrangère, enfin reconnus au concile de Troyes.
En d’autres temps, ils étaient neuf, tous nés pour vaincre, Templiers forgés d’acier et de combats, règle souveraine, D’obédience chrétienne au courage de l’ordre Cistercien, Jetés au bûcher de l’île Saint Louis, morts sans une plainte.