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Si je voulais peindre, il me faudrait la palette de l’arc-en-ciel Et le bleu de tes yeux en horizon comme sentinelle Pour étaler mes couleurs il me faudrait le souffle du vent Et le murmure de tes lèvres comme musique en suspens .
Si je voulais te dire, il me faudrait l’eau de la rivière Avec ses reflets adamantins et cuivrés en accord Pour les soulever un a un et y retrouver ton corps. Si je voulais rêver, il me faudrait la douceur de tes mains Les fragrances de ta peau et m’évader de la terre En virevoltant sur l’abecedaire endiablé et coquin.
Quand toutes ces choses parfois en filigrane Déferleront sur nos rivages en flammes Pour se fondre dans un ultime ballet Nous serons, toi et moi en miroir avec notre Secret…
Moi, j'écris et toi tu rêves, Il n'y a de soleil qu'au bord de tes paupières, C’est comme l'ourlet bleu d'une rivière, Pendant que j'écris, toi tu rêves...
Toi tu écris et moi je rêve,
Au fleuve tumultueux de la vie coule le temps Et tes yeux se pétalent de mots de lumière Que tu déposes fleuris sur mon cœur flambant Se reveillent alors des histoires étranges Des légendes bleues pour nous écrites d’hier Et je te lis sur ce parchemin au parfum d’orange…
Si les mots se font rares C'est parce que les pinceaux les bousculent Mais les deux sont toujours présents dans mon coeur Alors aujourd'hui je partage mon premier essai de peinture à l'huile avec vous...
Aux mystères de nos vies enrubannées de mélancolie Quand la mémoire vagabonde en douce rêverie Et nous conduit sur des chemins jaspés d’évasion Le temps s’oublie pour laisser fleurir nos passions.
Aux mystères de nos vies, tendresses de cœur à coeur Quand les regards volubilis se frolent en douceur Et sombrent vers des abysses empourprés Le sang bouillonne dans nos âmes retrouvées.
Aux mystères de nos vies , corps en arabesque Quand nos lèvres papillonnent aux lisières des peaux Et cisèlent les veines frémissantes de nos nuques La nuit tisse ses heures dans un ciel en lambeaux.
Comme une empreinte de la vie qui brûle à la lisière de la peur De ta marée à mes volcans en silence vouloir retenir les instants Parce que l’on pressent déjà que peut-être l’on ne reviendra pas Alors à la recherche de rêveries ancestrales que j’aurais oubliées Mes mains naufragées sans trêve silloneront tes mers argentées Les bleus indigo et cobalt éclaboussent les venelles pavées Où se refletent enlacées nos ombres de phosphore décalquées Une étoile chapardée dans le sac d’un allumeur de réverbères Guide nos pas dans cette nuit de taffetas zinzolin enrobante Les miel et or, les orangés safran ou bronze parures divines Des masques en baguenaude explosent le ciel d’éclats diaprés Et de nos corps ainsi drapés et scellés sous des airs languides s’évapore alors le plaisir exalté, et sans craindre l’ordalie Surgira enfin du cratère la lave incarnadine et ardente…
Amour, quand les premières étoiles s'éveillent au ciel du soir J'erre encore sur cette terre d'ocre au manteau incarnat Ce pays fleuri de champs d'amandiers aux fleurs virginales Où depuis mille ans passant de vie en vie sous divers habits Je t'ai cherché du plus profond de ma mémoire.
Amour, je te portais l'anneau coulé d'un rayon du soleil fou Enchâssé d'une perle de lune, larme devenue diamant Quand sous l'ombre sacrée des bois d'oliviers L'épée ennemie me pourfendant eut raison de ma vie Là, sous les vents rugissants ont roulé l'anneau et mes mots.
Amour, aux cours de tous ces temps nous nous sommes croisés Et recroisés, frémissants face à ce mystère, mais toujours aimés. Aujourd'hui n'as-tu pas senti mon souffle sur ton front ? Sauras-tu reconnaître la cicatrice laissée par cette terrible blessure, Mes mots, et l'anneau encore marqué de l'empreinte de la toile de bure…
Le temps sombre qui ne passe pas, écrit sur ma peau Quand la nuit se referme sans le parfum de tes mots Et file comme la mer d’Aral, je me surprend à rêver De sentir sous mes doigts ton corps chaud et satiné L’empreinte du passé brûle cette main abandonnée Ephémère comme la caresse d’un moment espéré la douceur parfumée de tes lèvres muse encore Fragiles comme Antarès embuée de tendresse dans les ombres naissantes des arcanes de la forêt Mes yeux se noient au murmures de ta marée Alors J’ai mis en couleurs ta nuit pour que buissonne la lune Et j’ai volé de l’or pour que scintillent les étoiles de ton ciel Et je suis là à t’attendre mon unique et éternel Amour...
Le jour bascule sur l’échancrure de mes nuits à naitre Et les premières étoiles pleurent à mon ciel caillouteux Mes larmes déraillent et innondent mon coeur d’orage Alors que Malgven la Reine du nord, souveraine boréale Regne sans partage sur ses terres austères et algides Les Mari Morgan, Vierges des Mers tendent leurs filets Retenant à jamais les marins prisonniers dans leurs rets Je te regarde te debattre au creux de ton ombre traîtresse Où les fantômes du passé défilent en squelettes cendrés Et entrainent les secrets noircis de ma vie désarticulée Solitaire, galopant sur la crête des vagues meurtries Au son des cloches dYs la maudite, d'Ys l’engloutie Dans un océan de solitude, je disparaîtrai sans repères Emportant avec moi la Kabbale et tous ses mystères…
(aquarelle réalisée d'après une oeuvre de M.Giliberti)
J’avais révé mes peintures à la couleur de tes yeux J’avais rêvé mes sculptures au velours de ta peau J’avais rêvé tes mots ciselés au creux de mon oreille
Mais le vent tourbillon a soufflé Il ne reste plus que ces mains , Ces mains tendues vers toi En offrande … Sauras-tu les reconnaître ?
Sous la moiteur d’un soir d’été Dans Paris l’insoumise, au coeur de tes bras melés Ce soir je vague sur les filoches bleues du temps Solitaire aigayée des effluves mélangés des tilleuls Je m’énivre des souvenirs que tu m’as laissés
Et mes yeux implorants au creux de ton absence Chavirent dans des océans d’outre terre...
Aux parenthèses envoutantes L’éclat de ton œil ardoise accompagne mon regard A nouveau, tu es là et t’élances vers moi , je sombre Nos corps s’ensorcellent dans une danse magique Ma peau en manque de toi se pare de soie Alors, aux confins du plaisir nos cœurs s’emballent Et explosent au rythme d’un boléro intemporel…